Rentrée, triste rentrée...

Publié le par Yves-André Samère

La seule notion de rentrée a de quoi vous flanquer l’envie de vous jeter sous un bus. Déjà, l’école, j’ai toujours détesté ça. J’étais, non pas rétif à la perspective d’apprendre quelque chose, puisque, au contraire, je n’avais que cette envie plutôt que celle de m’empiffrer de bonbons et pâtisseries (je parle de mon enfance, là). Mais, ce qui me défrisait, c’était d’être soumis à des êtres stupides et brutaux qui prétendaient m’enseigner ce qu’ils ignoraient le plus souvent.

Bien, l’école, passons. Aujourd’hui, je ne vais plus à l’école, mais j’écoute la radio et je regarde la télévision, quoique pas uniquement. Or la rentrée de septembre, qui a eu lieu chaque année de plus en plus tôt puisqu’elle tombe à présent en août, marque la fin des meilleures émissions, celles dites « d’été » ou « de remplacement », et nous ramène les médiocrités qui nous bassinent le reste de l’année. Donc, dès demain, retour sur France Inter de La bande originale pilotée par le médiocre Nagui, et, le soir sur Canal Plus, un Grand Journal amputé d’un bon quart d’heure (au profit du Petit Journal, par chance), et surtout amputé de ses vedettes : les Guignols, Antoine de Caunes, Jean-Michel Aphatie, Natacha Polony, et cette demi-vedette qu’était Sébastien Thoen, venu du Journal du hard et qui va probablement y retourner sans que le peuple descende dans les rues afin de réclamer son retour.

L’éjection d’Antoine de Caunes, à vrai dire, était prévisible, avec l’arrivée d’un patron, Bolloré, qui a en horreur la dérision ; or Antoine a fait carrière dans ce secteur et dans la folie douce. On a senti le changement dès le début, puisque les intermèdes de folie, avec Arié Elmaleh qui se faisait opérer par Mads Mikkelsen (geyser de sang et morceau de foie extrait de son abdomen, que la vedette danoise s’empressa de goûter), concours de baisers sur la bouche avec Pierre Niney, puis le retour de José Garcia, qui mit le studio à sac, destruction méthodique nécessitant plusieurs jours de nettoyage, ces amusettes sans autre conséquence que financière ne pouvaient que déplaire à un propriétaire richissime qui a fait fortune en exploitant les autres – surtout les Africains – la seule activité qui le déride. Dès lors, le destin du pauvre Antoine était scellé, et il eut beau mettre de l’eau dans son vin et se denisottiser, rien n’y a fait, il devait vider les lieux. Pourvu qu’il n’en profite pas pour réaliser un cinquième film !

En tout cas, on va copieusement s’ennuyer, je le crains. Il y a des années où on ferait mieux de rester couché.

Publicité

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

K
Réndez moi "Objectif nul" . Maintenant place à Banal Plus ( je sais, c'est minable ) ! Bonsoir.
Répondre
Y
Tristement vrai !