Déboulonnons : Pierre Boulez
Aujourd’hui, on en fait des tonnes avec Pierre Boulez, mort hier, tout comme demain on en fera des kilotonnes avec Mitterrand, mort il y a vingt ans. Passons, les imposteurs plaisent toujours, on l’a vu la semaine dernière avec ce film sur un type qui escroquait les patrons en leur soutirant de l’argent par téléphone – film que je n’ai pas vu et que je ne verrai pas.
Le compositeur Boulez personnifiant la laideur faite musique – ses œuvres sont inécoutables –, France Inter n’allait pas faire fuir ses auditeurs, ce matin, en leur faisant écouter ses compositions. On a donc pallié ce léger inconvénient en invitant des tas de gens qui l’ont connu et sont venus... parler d’eux-mêmes, en racontant des anecdotes où ils figurent, procédé très connu quand on veut se faire mousser, et dans lequel Jack Lang est passé maître.
Dites, franchement, cela vous arrive souvent, lorsque vous prenez votre douche, de siffloter Le marteau sans maître, la seule œuvre de Boulez dont les Français connaissent le titre ? Boulez était apprécié, surtout à l’étranger, comme chef d’orchestre. Pas comme compositeur. Et je trouve assez ridicule que l’État ait construit pour lui, juste à côté du Pompidolium, l’Ircam (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique). Il est vrai que Boulez était un ami du couple Pompidou, cela justifie donc tous les privilèges.