Ma chasse aux Pokémons
Moi, vous me connaissez , je suis un geek impénitent. Ou peut-être un nerd, j’hésite, il faudra que je vérifie s’il y a une différence. Donc, dès hier, alors que le jeu Pokémon Go venait d’être mis à la disposition des élites méritantes sur smartphone, je l’ai téléchargé et l’ai lancé illico.
Compte rendu : il faut d’abord s’inscrire en donnant une adresse électronique et une date de naissance. J’ai bien tenté de valider celle qui s’affichait par défaut sur mon écran, le 1er janvier 2016, mais, je ne sais pourquoi, l’appareil a refusé cette date. J’ai donc reculé de quelques années et choisi l’année 2002, ce qui me donne un âge de quatorze ans et demi, qui est aussi l’âge mental de Sarkozy. Là, j’ai été accepté et suis passé à la suite. Vous connaissez le principe, puisque TOUS les médias ne parlent que de ça : sur votre écran peuvent apparaître, de façon aléatoire, des Pokémons, ces petits êtres ne ressemblant à rien, comme les gosses qui se passionnent pour eux, et on doit se hâter d’en capturer un en tapotant dessus, ce qui est censé vous rapporter je ne sais quoi – peut-être, à la longue, une Cadillac en or massif ? Je ne sais pas non plus ce que cela rapporte à la firme qui a lancé ce sommet de l’intelligence, Nintendo, mais ses propriétaires ont certainement une idée derrière la tête.
Normalement, ce jeu doit s’exerce à l’extérieur, ce qui, dit-on, va enfin inciter à sortir tous les malades mentaux qui restent rivés chez eux à longueur de journée, et je vous rassure, c’est loin d’être mon cas. Fallait bien trouver, pour les journaux, une justification d’ordre sociologique, c’est indispensable à la survie de la presse. Or, sans que je mette un escarpin hors de mon salon, un Pokémon est apparu sous mes yeux éblouis. Que fichait-il dans mon salon ?, je ne sais, mais je l’ai ratiboisé instinctivement.
Par conséquent, me voilà en règle, comme le jour où, à la chasse, j’ai flingué mon premier perdreau, avant de remiser définitivement le fusil de calibre 12 qui m’avait servi à cet exploit. Et j’ai rejoint l’immense cohorte des « captureurs » (ça existe, ce mot ?) de Pokémon. Ouf, j’appartiens enfin à la majorité ! Ne me reste plus qu’à voter pour Marine Le Pen l’année prochaine. Il avait raison, Rabelais, avec ses moutons de Panurge. Et l’être humain n’a pas changé, depuis son époque...
Qu’ai-je fait ensuite ? Épargnez-moi cet affront ! Bien sûr que, dans les minutes qui ont suivi, j’ai effacé de mon smartphone ce must du génie informatique.
Bien, je vous laisse, il faut que j’ailler visionner l’intégrale de Plus belle la vie.