À Rio, plus d’argent pour les infirmes
À Rio, les Jeux Olympiques se sont achevés cette nuit. Je n’en ai pas vu la moindre image, parce que, par principe moral autant que par désintérêt, j’ai en horreur ce type d’exhibition, qui n’est qu’un festival du nationalisme et du dopage. Mais il paraît que beaucoup de gens sont contents, parce qu’il y a eu beaucoup de médailles. Bien. Les Brésiliens sont peut-être un peu moins contents, car leur ville est ruinée, comme prévu, mais enfin, il faut bien faire quelques petits sacrifices pour l’honneur national.
Seulement voilà, il paraît que la fiesta n’est pas tout à fait terminée, puisque, dans quelques jours et au même endroit, il va y voir les Jeux para-Olympiques, c’est-à-dire ceux dont les participants sont tous infirmes. Ce sera sans doute un peu moins glamour, et pas beaucoup télévisé, car on ne peut pas infliger un tel spectacle aux chers téléspectateurs, qui ont le cœur sensible.
Hélas, les vrais Jeux ont pompé tout l’argent, et, même en râclant les fonds de tiroir, il n’y a plus beaucoup de sous pour payer la facture en vue. Mais comme on ne peut pas annoncer froidement qu’on supprime les épreuves, on se contente de raboter les subventions. Et nous apprenons – avec soulagement – que ces gêneurs d’handicapés (« de » handicapés ?) devront payer leur voyage, leur logement, et probablement leur nourriture.
Résumons : pendant deux semaines, on a fait pleuvoir sur les athlètes « normaux » des masses de fric, en grande partie venu de la publicité. Mais quelle publicité voulez-vous faire avec des éclopés ? Il valait bien mieux enrichir un peu plus Teddy Riner, vous savez, le type qui est copain avec tout le monde – et surtout avec les époux Balkany. Lui va pouvoir s’acheter une nouvelle Porsche et offrir une Mercedès à ses parents, car il a bon cœur, c’est connu, et le monde a les yeux fixés sur lui (il y a de l’espace). Mais n’espérez pas trop qu’il ouvre sa bourse pour des infirmes, ça ne paye guère, en matière de « visibilité ».
Ah, si seulement ces minables athlètes infirmes avaient eu le bon goût de connaître le maire de Levallois...