Nuit des Étoiles, mais pas des planètes
Comme c’est ce soir la Nuit des Étoiles, entendu ce matin sur France Inter un certain Olivier Las Vergnas, président de l’Association française d’astronomie, qui a prétendu que, ce soir, cinq planètes seraient visibles sans difficulté à Paris, de la Place de la République, ou à Nice, de la Place Masséna.
Comme je connais un peu l’astronomie, je me permets de me marrer insolemment à cet enthousiasme exagéré qui lui fait dire que la pollution lumineuse des grandes villes, la vraie plaie pour les astronomes, ne gênera pas du tout l’observation, et qu’on verra parfaitement Mars, Vénus, Mercure et tutti quanti. Vénus, c’est très probable, car elle brille plus que n’importe quelle étoile et ne scintille pas. C’est l’objet céleste le plus brillant après la Lune, et on la repère immédiatement, puisqu’elle est aussi le premier objet apparaissant dans le ciel au crépuscule : impossible de se tromper.
Mais pour les autres planètes, c’est une autre paire de manches ! Mercure, en particulier, est quasiment impossible à voir, pour la raison bien simple que c’est la planète la plus proche du Soleil, donc elle ne s’en écarte guère, et minuscule. Il s’ensuit qu’elle est « noyée » dans la lumière du Soleil et ne se trouve présente dans le ciel qu’un peu avant le lever du Soleil et un peu après son coucher. Autant dire que, avec une lunette astronomique – ou sans –, vous n’avez guère de chance, non seulement de savoir où elle se trouve, mais surtout de la VOIR.
Mars est presque aussi difficile à voir. Seule sa couleur rouge permet de la distinguer, mais elle est peu visible, et raconter au micro qu’on peut « voir facilement » les détails de sa surface et sa calotte polaire, c’est une grosse sottise. Vous imaginez que des astronomes professionnels vont se pointer Place de la République avec leur télescope ? Quant aux amateurs, s’ils sont équipés, ils resteront chez eux, évidemment !
Avec une paire de jumelles, vous verrez peut-être Jupiter, car elle est énorme, et c’est à peu près tout. Mais allez donc stabiliser une paire de jumelles ! Le grossissement rend toute observation pénible, car vous bougerez sans arrêt, et vos mouvements en seront amplifiés.