Déboulonnons : Michel Debré (1)

Publié le par Yves-André Samère

J’en suis navré pour ses deux fils les plus connus, les faux jumeaux Jean-Louis et Bernard, le premier, ancien président du Conseil constitutionnel, ami fidèle de Chirac et auteur de romans policiers, et le second, professeur de médecine mondialement connu et chef du service d’urologie à l’Hôpital Cochin, mais Michel Debré, rédacteur de la Constitution, ancien Premier ministre sous De Gaulle et académicien français, était une franche canaille.

« Le Canard enchaîné » paru ce matin l’évoque en quelques lignes, en page 6, à l’occasion de l’édition en DVD d’une partie de ses écrits, publiés entre 1977 et 1994. Et le Palmipède s’étonne : pourquoi pas ceux d’avant, lorsque Debré plaidait véhémentement en faveur de l’Algérie française ? C’est tout ? Il n’y a pas d’archives, au « Canard » ?

De Michel Debré, j’ai eu l’occasion de voir le fac-similé de son « Courrier de la colère », où il justifiait la révolte contre ce qu’il appelait alors « la politique d’abandon » – l’abandon de l’Algérie aux indépendantistes, vous aviez compris. Or, ces idées, il les mit au rancard lorsque De Gaulle, revenu au pouvoir le 1er juin 1958, puis à la présidence le 9 janvier 1959, lui offrit le poste de Premier ministre que lui-même venait de quitter pour entrer à l’Élysée (après avoir froidement et très grossièrement largué sur le trottoir son prédécesseur René Coty !). Illico ou presque, Debré se convertit à la thèse qu’il combattait la veille. C’est beau, la souplesse d’esprit.

Mais son amour de l’Algérie française, Michel Debré l’avait exprimé auparavant, de façon violente, en 1957, et je vous raconterai ça dans une autre notule, sur l’air de Je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette.

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