Juif et athée
Lorsque j’ai lu Comment je vois le monde, un recueil des articles d’Albert Einstein, j’ai été assez surpris d’y lire que, pour un Juif – et Einstein était né juif –, croire en Dieu ou n’y pas croire était sans importance ! Et d’abord, cet argument de bon sens qu’on lit aussi chez André Comte-Sponville dans L’esprit de l’athéisme : pourquoi se préoccuper de savoir si Dieu existe ou pas, attendu qu’on ne connaîtra jamais la réponse ?
En réalité, et à en croire les Juifs eux-mêmes, l’important est d’être attaché à une certaine histoire (y compris si je la trouve un peu douteuse), une certaine tradition (y compris si je l’estime absurde, par exemple cette notion de « peuple élu »), une certaine Loi écrite dans un certain livre « sacré » (y compris si je la considère comme très orientée). Bref, ce qui compte vraiment, c’est d’appartenir à une certaine communauté, dont je n’ai pas besoin de vous rappeler qu’elle est très fermée, puisque jamais un Juif ne tentera de vous convertir, et que le nombre de Juifs dans le monde n’augmente pas.
En somme, dans une famille juive, le plus important pour les parents est d’apprendre la lecture à leurs enfants, afin qu’ils soient capables de lire la Torah ! Oui, je sais, je caricature un peu, mais comment expliquez-vous qu’il y ait tant d’intellectuels, d’artistes et de savants juifs (consultez la liste des Prix Nobel), et si peu de musulmans ? Et n’est-ce pas stupéfiant que le judaïsme ait pu survivre si longtemps, sans posséder ni État ni terre, avec seulement la mémoire du passé juif, serait-il un peu imaginaire ?