Secrets d’Histoire : Churchill
Vingt-deux minutes de retard sur l’horaire prévu, voilà ce que les téléspectateurs de France 2 auront dû subir hier soir, avant la diffusion de Secrets d’Histoire. Fallait bien laisser à Teddy Riner, mis en vedette au détriment des autres athlètes rentrés de Rio, la possibilité de parader devant les caméras, sous les plates flatteries du présentateur. Je ne supporte plus cette montagne de muscles, support d’une cervelle qui n’est pas aux proportions du reste, et ne rougit pas d’être le faire-valoir des Balkany.
Donc, l’émission présentée par Bern se consacrait à Churchill. Bonne idée, car Sir Winston, au contraire de ce qui a été dit par notre guide hebdomadaire, n’a pas été « l’un des plus grands hommes du vingtième siècle » (et du dix-neuvième, ne l’oublions pas, car il était déjà député en 1900, qui est la dernière année de ce siècle, et non pas la première du vingtième, comme le croient les sots qui ne savent pas compter) : il a été LE plus grand, très loin devant De Gaulle, ce vaniteux prétentieux qui, sans Churchill, n’aurait jamais existé. Les deux hommes se détestaient, d’ailleurs, en raison du fichu caractère et de la mesquinerie du Français – général à titre temporaire pour la durée de la guerre, comme le mentionnait son ultime promotion.
Dans l’ensemble, l’émission a été honnête, mais un détail manquant m’a fait tiquer : à aucun moment, on n’a mentionné l’existence de son frère aîné ! Or, si ce frère n’avait pas existé, Winston aurait été, conformément aux lois anglaises, Duc de Marlborough et propriétaire du domaine de Blenheim, le seul palais d’Angleterre, à quelques kilomètres d’Oxford, qui n’est pas la propriété de la famille royale. Au lieu de cela, frère cadet, il n’a rien eu, et pas même l’affection de son père, qui le méprisait parce qu'il le tenait pour un cancre et un minable. Ah, la légendaire clairvoyance des parents...
Et puis, cette curieuse lacune : de Churchill peintre, on a seulement mentionné qu’il venait peindre sur la Côte d’Azur, oubliant qu’il passait aussi beaucoup de temps à Marrakech pour la même passion. Il y rencontrait Josephine Baker, grande résistante elle aussi... Aujourd’hui, si la Justice ne leur mettait pas des bâtons dans les roues, on y verrait surtout les époux Balkany.
Longtemps, les livres qu’il a écrits n’étaient pas édités en France, on ne trouvait qu’un ouvrage écrit par son fils Randolph et son petit-fils Winston, Victoire dans le désert, consacré à la campagne victorieuse des armées israéliennes. Quant au seul roman, Savrola, écrit par Sir Winston, il n’avait été traduit et publié qu’en Suisse ! Je crains bien d’être l’un des rares Français à l’avoir lu, ce qui me permet de confirmer qu’il écrivait très bien. Lui en doutait, pourtant, ou feignait d’en douter, car, s’étant vu décerner le Prix Nobel de Littérature en 1953, il n’est pas allé chercher, il a envoyé sa femme Clementine le retirer à sa place. Il paraît qu’il était déçu de n’avoir pas eu plutôt le Prix Nobel de la Paix, que certainement il méritait davantage que ce pauvre Obama, lequel n’a gagné aucune guerre, lui.