Sophia et l’humour belge
Impossible de résister au plaisir de citer Philippe Geluck, lequel, au début de son livre Peut-on rire de tout ?, écrit ceci : « Moïse a cru que Dieu lui dictait la Torah au pied du mont Sinaï. Or, s’il avait réfléchi plus loin que le bout de son nez, il se serait peut-être demandé pourquoi Dieu, qui avait été capable de tout créer en six jours, avait besoin d’une sorte de dactylo pour prendre note du mode d’emploi alors qu’il lui aurait suffi de dire “Que la Torah soit ” et la Torah aurait été, même en plusieurs exemplaires, même en plusieurs langues, même reliée en peau de chameau tannée, s’Il avait voulu ».
Une fois de plus, les Belges nous donnent une leçon d’intelligence. J’ai souvent pris la Bible comme cible de mes sarcasmes, et ne suis pas près de virer ma cuti : ce bouquin sacré est un sacré bouquin, mais dans le genre farces et attrapes, et il me restera toujours incompréhensible que tant de gens le prennent au sérieux et en font la règle de leur vie entière. Pourquoi ne pas opter plutôt pour les œuvres complètes de Courteline, ou de Desproges, ou d’Alphonse Allais, ou de Pierre Dac ? La dérision est l’arme la plus redoutable contre les dictatures et les catéchismes. Vous avez entendu, ce matin sur France Inter, la chronique de Sophia Aram ? Sinon, écoutez-la tourner en ridicule les partisans, à la fois, du burkini, et de ceux qui veulent l’interdire : on n’a, en ce mois d’août, pas souvent fait preuve d’autant de bon sens. Il avait tort, Descartes, d’avancer que le bon sens était la chose au monde la mieux partagée : à force de communiquer et de rester connectés, les Français sont devenus idiots.
Par chance, il reste les Belges !