La première de « Quotidien »
Cyrille Eldin, qui a hérité du Petit Journal sur Canal Plus, va pouvoir se chercher un bus. À la fois pour rentrer chez lui prendre de longues vacances, et peut-être aussi pour se jeter dessous. Yann Barthès, qui lançait hier son Quotidien sur TMC, émission dont les augures prédisaient qu’elle récolterait 84,2 % d’audience et resterait quand même en deuxième position derrière Cyrille Hanouna (avec 92 % d’audience prévue), a pulvérisé tous les records, et rassemblé 1 300 000 télespectateurs, battant jusqu’à TF1. Et, naturellement, Canal Plus. Les augures ont bonne mine.
Il faut dire que la nouvelle émission, qui a duré presque une heure et demie afin d’en faciliter le lancement, était la copie conforme de l’ancien Petit Journal, avec un studio plus grand mais exactement la même équipe, enrichies de deux ou trois journalistes : on retrouvait donc Martin Weill, que la chaîne a installé à New York jusqu’au 8 novembre, fin de la campagne électorale yankee ; l’excellent Hugo Clément, arrivé l’année dernière et qui a conquis tout le monde en ne ménageant pas le ministre Jean-Yves Le Drian, resté au gouvernement en dépit de l’interdiction du cumul des mandats ; Camille Crosnier, une ancienne elle aussi ; Valentine Oberti, une nouvelle ; sans oublier les autres, déjà vus et qui feront peu à peu leur réapparition. Même Panayotis Pascot, qu’un rédacteur nigaud d’un magazine de télévision a qualifié de « journaliste » alors qu’il est l’incarnation de la fumisterie pince-sans-rire depuis que Raphaël Mezrahi s’est un peu estompé dans le paysage, ne semble pas avoir souffert que, depuis quelques mois, son père Philippe soit devenu plus connu que lui après trois livres qui étrillent copieusement la classe des parlementaires. Au fait, Panayotis, qui a 18 ans, a bien décroché son bac scientifique, et l’a annoncé le 5 juillet. En réalité, seul(e)s Catherine et Liliane manquent à l’appel, parce que devenu(e)s vedettes de Canal Plus.
Au chapitre du moins bon, j’ai trouvé un peu long le numéro des deux clowns Éric et Quentin, qui ont hypocritement louangé TF1 sur le mode on-n’y-croit-pas-tellement et se sont un peu payé la tête de Bolloré ; misérable, ce groupe de chanteurs au rabais, cinq hommes et une fille qui se sont baptisés La Femme, et ont laissé à leur chanteuse le soin d’ânonner des paroles dont on n’a pas saisi un mot ; et surtout, les deux invités. D’abord, au lieu de rappeler Catherine Deneuve qui avait ouvert et fermé le Petit Journal l’année dernière, Barthès a préféré un duplex avec Vanessa Paradis, depuis son logement de Los Angeles, or la chanteuse, comme toujours, n’avait rien à dire et l’a dit longuement. Et puis, faire venir sur scène Christiane Taubira sans jamais évoquer devant elle sa trahison de la gauche en 2002, qui a fait éliminer Jospin et nous a valu quatorze ans de divers gouvernements où règnent les filous, les marlous, les canailles et les incapables – ces diverses qualités ne s’excluant pas –, c’est une tache sur son pourpoint immaculé.
Ce soir, on invite Bruno Lemaire. Il n’a aucun intérêt lui non plus, mais on pourra rire à ses dépens, et c’est tout ce qui compte. Et demain, le Dalaï-Lama, pour sa seule télé en France. On va rire encore davantage.