Lâcheté journalistique
Ce jour, entre onze heures et midi sur France Inter, dans son émission La bande originale, Nagui recevait Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h, et comme les deux acolytes ont fait auparavant le métier d’animateurs dans je ne sais quelle radio-télé, la conversation tombe sur les invités qui se révèlent imbuvables : n’ouvrant pas la bouche, ne révélant rien, ne riant pas aux fines plaisanteries des amuseurs de la maison, bref, incapables de mettre en valeur celui qui les a invités !
Mais, comme d’habitude, après avoir affirmé avec beaucoup d’audace que, « des comme ça, on en a rencontré des tas », c’est motus et bouche cousue : pas un nom ne sera prononcé. Vous ne voudriez pas qu’après avoir joué les matamores, ces messieurs de la radio tombent dans la délation, non ?
Ce truc-là est aussi vieux que la radio, et même Claude Villers l’a utilisé : on appâte l’auditeur, mais on ne lui donne rien en plat de résistance. Cela me rappelle ces journalistes qui ont posé une question un peu gênante à un homme politique, lequel a refusé de répondre et a pris un chemin de traverse pour parler d’autre chose. Or, croyez-vous qu’un journaliste a jamais osé dire au micro « Monsieur Untel a REFUSÉ de répondre à ma question » ? Non, tous se réfugient dans la fuite et racontent que Monsieur Untel n’a pas souhaité répondre.
Qu’est-ce que les « souhaits » viennent faire dans cette galère ?
J’imagine que, dans les écoles françaises de journalistes (et d’animateurs de radio-télé), on apprend avant tout la lâcheté.