L’os à moelle, sans Pierre Dac
Aujourd’hui, court passage à l’hôpital pour me faire percer la poitrine, en vue de récolter un peu de moelle osseuse dans mon sternum. Rappelons à ceux qui n’étaient pas là que la moelle osseuse fabrique les composants du sang, or le mien est devenu à ce point liquide qu’un de ces jours, je vais m’évaporer rien qu’en écoutant du jazz hot. Mon taux de plaquettes, ces gadgets qui œuvrent dans la coagulation, est tombé au tiers du minimum fixé par arrêté préfectoral, je risque une amende si je continue dans cette voie, et Hollande refusera de me recevoir...
Si un jour on doit faire sur vous ce type de prélèvement, je vous rassure, ça ne fait pas mal. Après une petite piqûre pour anesthésie locale, on vous enfonce un trocart au même endroit (c’est une sorte de grosse seringue), et on aspire deux ou trois fois. Bizarrement, on m’a recommandé de fermer les yeux, je n’ai pas compris pourquoi ; de même que le médecin prescripteur m’avait recommandé de bien manger avant l’examen – on a des habitudes curieuses, dans les hôpitaux. Toujours est-il que la sensation est curieuse, vous ressentez un tiraillement au niveau des épaules, et rien de plus. J’ai eu affaire à deux charmantes internes, qui ont bien voulu, ensuite et à ma demande, me montrer le liquide extrait, vaguement rougeâtre avec une partie blanchâtre. En moins d’un quart d’heure, j’étais libre.
Je dois avouer que je vais si souvent à l’hôpital que, désormais, on m’accueille en fanfare : partout, on accroche des guirlandes et des lampions, la directrice de l’établissement, sous les applaudissements du personnel, m’invite à couper un ruban, et on passe mes deux chansons préférées, La fessée, de Georges Brassens, et Don’t stop me now, de Queen. Le ministre s’était fait excuser (je sais bien que c’est une femme, mais je ne vais tout de même pas écrire qu’elle « s’est FAITE excuser », je laisse aux cancres et à Didier Porte ces horribles fautes de français – et pardon pour le pléonasme).