Lettre au « père » Albert et au maréchal Ganache
Voici le texte de la lettre que je compte envoyer au « père » Albert, alias Maréchal Ganache, qui, sous le pseudonyme d’Albert Algoud, vient de publier un Dictionnaire amoureux de Tintin – ouvrage que j’ai acquis dès sa sortie, car je suis tintinolâtre depuis mes dix ans.
« Monsieur le maréchal et cher “père” Albert, c’est le cœur brisé que je vous fais cette lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. En effet, si je me suis précipité sur votre Dictionnaire amoureux de Tintin, il m’a procuré à la fois un choc et une déception. Voici le détail des deux.
Comme bien des lecteurs, j’ai d’abord ouvert votre livre au chapitre des jurons du capitaine Haddock, page 349, pour constater qu’hélas, vous n’en donniez pas la liste ! Ce travail de compilation était pourtant facile à mener à bien. Passons.
De plus, la première phrase de ce chapitre est la suivante : « Je croyais avoir dit l’essentiel sur les jurons du capitaine Haddock, mais à relire les albums où il éructe, offense et abomine, je me rends compte qu’elles sont d’autant plus riches de significations qu’elles s’inscrivent dans une économie rhétorique, etc. ».
Elles ?! Voilà donc le nom juron victime de la théorie du genre ? Serait-ce l’effet rétrospectif des tortures que vous ont fait subir ces salauds de Viets, ou auriez-vous résolu de prendre le contrepied de ces distraits qui, ayant commencé une phrase contenant le mot personnes, la continuent en disant « ils » ? (Ce travers revient sans cesse, tant à l’audio qu’à l’écrit)
Je sais bien que, comme le radote Alain Rey chaque fois qu’on lui tend un micro, la langue doit évoluer. Mais dans quel sens ? Vers toujours plus de cancritude ?
Bien à vous.
Un admirateur navré. »