Se lancer dans les mathématiques
Je ne sais si les mathématiques vous intéressent ou si elles vous ennuient. Dans le premier cas, vous pourriez bien vous passionner pour le livre de Mickaël Launay, un génie de la pédagogie dont je vous ai déjà parlé deux fois. Son récent livre s’intitule Le grand roman des maths, et il est gratuitement téléchargeable ICI. Cela vaut la peine de tenter l’expérience. Personnellement, sans être vraiment doué, tout ce que fait Launay me fascine, et j’y vois quelque chose de magique.
Au fait, la seule raison d’être allergique aux mathématiques, selon moi, est la suivante : vous pensez que l’abstraction est pour vous une opération mentale impossible, or les mathématiques exigent un minimum d’abstraction. Mais raisonnons un peu : on ne grandit pas sans abstraction ! Prenons plutôt un exemple simple.
À l’école primaire (ou à l’école maternelle, mais en fait je n’en sais rien puisque je ne suis jamais allé à l’école maternelle), pour vous faire admettre que 2 plus 3 donnaient 5, il a fallu passer par une longue série de répétitions mettant en jeu des objets. Par exemple, on a mis côte à côte deux pommes et trois pommes, puis on vous a demandé de compter combien il y avait de pommes en tout, et vous avez « découvert » qu’il y en avait cinq. Puis on vous a fait recommencer avec des timbres, puis avec des caramels, puis avec des noyaux d’abricots, etc., et, à chaque fois, le résultat final était cinq. On a répété cette opération jusqu’à ce que s’ancre dans votre tête que, TOUJOURS, deux objets plus trois objets donnaient cinq objets, quelle que soit la nature des objets.
L’abstraction, c’est ça : le passage généralisateur du monde concret des objets au monde abstrait des nombres. En d’autres termes, le pouvoir de ne plus tenir compte de la nature des objets (pomme, timbre, caramel, etc.) pour s’attacher à un caractère précis, leur nombre. Or tout le monde, dans un temps plus ou plus moins long, est capable de ce passage. Et, sans vous en rendre compte, vous avez fait une opération mathématique.
La suite, après avoir posé le pied sur le premier barreau de l’échelle, ne consiste qu’à poser l’autre pied sur le barreau suivant. Mais il est évident que si vous ratez un barreau, vous ne grimperez pas ! Ne partez donc pas en vous disant que c’est hors de votre portée.