Cheveux courts, idées encore plus courtes
Je crois que je vais me raser le crâne. Hier, alors que j’entrais au Louvre, un vigile m’a salué d’un « Bonjour madame ». Ces choses-là, qui me tombent dessus environ une fois par semaine, m’agacent. Pourtant, je n’ai rien d’équivoque. Ce doit être à cause de mes cheveux longs.
Oui, j’ai toujours les cheveux longs, et je déteste les coiffeurs, bien que j’aie fait ce travail durant quelques semaines. En réalité, la dernière fois que je suis allé chez un coiffeur, c’était en 2000. Pas volontairement, pour dire la vérité. J’y avais été traîné par un camarade, qui ambitionnait d’être acteur (il n’y a jamais réussi, mais se vantait beaucoup d’avoir été figurant dans un film idiot sur le Masque de Fer avec Leonardo DiCaprio, que du reste il n’a jamais croisé sur le tournage), et fréquentait une fois par semaine un merlan de la rue de Rivoli. Il m’a raconté un jour qu’il lui était arrivé de payer 1100 francs pour une coupe !
(Si vous ignorez ce qu’étaient les francs, sachez que c’était la monnaie en vigueur chez nous avant 2002. Mais il reste le franc suisse, au cas où vous envisageriez d’aller vous installer dans ce pays)
Cette histoire montre que j’ai raison de dire que les gens roulent sur des rails : pour la plupart des bipèdes hexagonaux, avoir les cheveux longs implique qu’on est du sexe féminin. Pourtant, Francis Lalanne... Et je suis à peu près certain que, si vous aviez dit «Bonjour madame » à d’Artagnan, il vous eût passé sa rapière à travers le corps. Quant aux cheveux courts, ce n’est pas un critère non plus : dans Alien 3, Sigourney Weaver avait le crâne rasé, or jamais on ne l’a confondue avec un homme.
Finalement (les cons qui roulent sur des rails disent « au final »), je vais rester comme je suis.