Coup de chapeau à Loránt Deutsch
J’aime bien Loránt Deutsch. En ce moment, je lis son Hexagone, qui nous invite à un tour de France à travers les siècles, et s’avère très instructif. Ce garçon possède une culture encyclopédique, laquelle a fait pas mal de jaloux et de grincheux, mais il s’en fiche et il a bien raison.
Deux détails m’ont frappé dans ses textes. D’abord, je suis arrivé au tiers de son livre, et je n’ai encore rencontré aucune faute de français. La chose est rarissime. Ensuite, avec un peu d’attention, on remarque que jamais il n’utilise des expressions comme « l’an 52 avant Jésus-Christ », qui ont le don de m’énerver.
Pourquoi ? Parce que, à supposer que Jésus ait existé, d’une part il ne s’appelait pas Jésus-Christ, car on a amalgamé son nom (francisé) avec son titre fictif – puisque UN christ (nom commun) est un personnage théorique étant à la fois chef religieux et chef politique, ce qu’on ne rencontre quasiment jamais. Et d’autre part, on n’a aucune idée de la date de sa naissance, il s’est donc avéré doublement absurde de faire commencer un calendrier en l’année 753 de Rome, et de décider que telle année se place précisément avant Jésus-Christ ou après Jésus-Christ.
Et donc, l’ami Deutsch se contente de dire, comme les gens raisonnables, que tel évènement historique se situe avant notre ère ou après notre ère. Ce qui supprime toute référence à tendance religieuse.
Et comme lui-même est connu pour être un bon catholique, il n’en est que plus honnête.