Un bonnet d’âne pour Érik Orsenna
Avant-hier, j’ai déposé ICI une note élogieuse sur La Fontaine, une école buissonnière, le dernier livre d’Érik Orsenna, paru le 16 août. Mais comme, « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », comme disait Figaro, voici un revers de médaille.
Orsenna, qui suit la mode états-unienne, termine son livre avec un paquet de remerciements, dont j’extrais la phrase suivante : « Les MERCIS de cette page s’adressent à toutes celles et tous ceux qui n’ont pas ricané devant ma présomption ». Vous avez bien lu : ce « toutes celles et tous ceux » est une expression très à la mode, et on croirait lire un discours de Macron !
Ce procédé, toujours associer un féminin à tout terme au masculin (les Françaises et les Français, les Parisiennes et les Parisiens, et autres sottises démagogiques), a été condamné par l’Académie française, qui rappelle opportunément que l’usage du français veut que le masculin suffise à désigner les deux sexes. Et que fait Orsenna, quand il ne publie pas des livres ? Il est à l’Académie et rédige le dictionnaire !
(Je sais bien qu’il est impossible de virer un Académicien. Mais on pourrait peut-être, à ceux – et celles – qui se font prendre, imposer le port du bonnet d’âne)