Joséphine, créole mais pas « de couleur »
Joséphine de Beauharnais, la première épouse de Napoléon, était-elle créole ?
Oui, mais...
À cette époque, on appelait créoles les Européens installés dans les îles. Joséphine – qui d’ailleurs ne s’appelait pas Joséphine, mais Marie-Josèphe Rose Tascher – était une fille de planteurs français. Autrement dit, elle n’était pas une femme « de couleur ». Par conséquent, ceux qui ont protesté que son personnage soit interprété par Isabella Rossellini dans le mini-feuilleton Napoléon sur France 2 (quatre épisodes en 2002) se trompaient. Et le terme créole est mal interprété quand on lui donne le sens d’indigène, d’autochtone ou de métis. Les dictionnaires définissent ce mot par : 1. une personne blanche née dans les colonies intertropicales, notamment les Antilles ; 2. les pays tropicaux à colonisation blanche et esclavage noir ; 3. le système linguistique de ces pays. Ajoutons le sens exotique, un peu oublié, celui de grand anneau d’oreille.
Au reste, aucun des portraits faits d’elle ne laisse le moindre doute, elle était bel et bien blanche. Le fait d’être née en Martinique n’a eu aucune infuence sur sa couleur de peau ! Et si, à Fort-de-France, sa statue est régulièrement décapitée, c’est uniquement dû à son impérial mari temporaire, qui a interdit les mariages mixtes et l’entrée en France des gens « de couleur » [sic] et rétabli la traite des esclaves. Joséphine a payé pour ce tyran, qui l’a traitée indignement.