Gino Bartali
Gino Bartali, ce nom vous dit quelque chose ? Si, comme moi, vous êtes passionné de sport en général et de cyclisme en particulier, vous savez que c’était un coureur cycliste italien (ben oui, avec un nom pareil, il ne pouvait pas être allemand). En fait, c’était un très grand champion, du genre d’avant les drogues popularisées par ceux qui lui ont succédé. Et figurez-vous qu’il a gagné le Tour de France ! C’était en 1948, alors que Macron n’était même pas né. Brigitte non plus, d’ailleurs, c’est dire si tout ça remonte à la Préhistoire.
Mais Gino ne s’est pas contenté de pédaler, il a aussi résisté. À qui ? Mais aux nazis, parbleu ! À qui voudriez-vous qu’on résiste, à cette époque où même la pub était encore inoffensive ? Gino était donc dans la Résistance, et il a sauvé des centaines de Juifs, en Toscane et en Ombrie. Combien ? Huit cents, pas moinsse, auxquels il fournissait des faux papiers, à vélo bien entendu, en utilisant sa renommée pour tromper la vigilance des garde-frontière.
Le plus beau, c’est qu’il a modestement conservé le secret de ses activités jusqu’en... 2013 ! D’autres que lui auraient probablement fait écrire leur biographie par un nègre et l’auraient fait publier par un de ces éditeurs bidons comme XO Éditions, que je cite car il a édité les romans de Christian Jacq, Guillaume Musso, Romain Sardou (l’horreur !), Nicolas Vanier, Ingrid Betancourt et Renaud Séchan (oui, le chanteur qui joue les fils du peuple, alors que son père était professeur d’allemand et de néerlandais, traducteur et auteur de romans policiers et de livres pour enfants, donc pas réellement fauché). Plus Luc Ferry, et dernièrement... Emmanuel Macron.
Un livre sur Bartali est paru récemment, intitulé Un vélo contre la barbarie nazie, écrit par Alberto Toscano et publié chez Armand Colin, qui est un véritable éditeur, lui ! 226 pages, 17,90 euros.