Le téléphone, dernière maladie mentale
Un sondage récent a révélé que plus de la moitié des citoyens français n’éteignaient jamais leur téléphone mobile, et le gardaient près d’eux quand ils vont se coucher.
Ces malheureux, qui souffrent évidemment d’une maladie mentale, ont toute ma pitié, bien que je me sente très éloigné d’eux. Pour ma part, je fais exactement le contraire : je n’allume mon téléphone mobile qu’environ deux fois par mois, et, lorsque je vais me coucher, je ne le garde pas dans ma chambre – où je ne conserve que des livres. Et ce n’est pas demain la veille qu’un livre me réveillera en pleine nuit ! En réalité, je ne me suis servi d’un téléphone mobile que lors de mon dernier séjour à l’hôpital. Pas tellement pour téléphoner, mais parce qu’il me permettait de remplacer la wifi, et donc d’avoir Internet sur mon ordinateur, pour écrire quelques notules destinées au présent bloc-notes.
On nous dit aussi que les femmes qui vivent avec un homme préfèreraient se passer de la présence de leur compagnon plutôt que de leur téléphone. Cette tournure d’esprit me laisse perplexe. Il y a donc en France tant d’échappés des hôpitaux psychiatriques ? Être à ce point amoureux d’un gadget vous laisse augurer que la fin de l’Humanité est proche. Qu’est-ce qui viendra ensuite ?