Quand l’orgue déçoit
Bien décevant, le concert d’orgue de cet après-midi à Saint-Eustache. Certes, il avait bien commencé, avec la Toccata en ré mineur de Bach, suivi de sa fugue, qui est ce qu’on a fait de mieux dans ce domaine. Mais l’œuvre qui a suivi, quoique due aussi à Bach, était du genre soporifique : il s’agissait de Schmücke dich, o liebe Seele (« Décore-toi, chère âme » – sic), qui a été à deux doigts de m’endormir.
Mais le pire était à venir. Cette fois, une autre Toccata, opus 9, composée en 1962 par Jean Guillou, qui avait naguère été le titulaire du même orgue, et que le curé George Nicholson avait renvoyé il y a deux ans, sans doute parce qu’il le trouvait trop vieux et désirait le remplacer par deux jeunes. Le morceau qui nous a été infligé semblait avoir été composé par un fou détestant l’orgue, et désireux de faire, sur le plus bel orgue de France, le maximum de bruit pour faire fuir les mélomanes. On se serait cru dans une rave party ! Le plus marrant, c’est que Guillou, qui avait juré de ne plus jamais remettre les pieds à Saint-Eustache, va y revenir dans quelques semaines pour un concert rétrospectif. Je ne suis pas sûr d’y assister, cette fois !