Réhabiliter une partie de Pétain
Hier, Macron s’est lancé (imprudemment, mais on s’en fiche si ça le chante de se planter en public, on ne va pas le retenir), s’est lancé, disais-je, dans une curieuse gymnastique un peu sadique, consistant à découper en tranches la vie d’un personnage qu’il a choisi, de garder ce qui lui plaît, et de virer tout ce qui reste.
Le personnage en question, c’était Pétain. Et Macron a donc effacé de sa biographie toutes les années qui ont suivi la guerre de 14-18, en flanquant à la corbeille les nombreuses années qui ont suivi, et les saloperies commises par le peu glorieux maréchal. Y compris son antijudaïsme viscéral et sa collaboration avec les nazis. Or, dans ce domaine, Pétain est allé très loin. Si loin qu’il a précédé les désirs des nazis, en promulguant, de sa seule autorité, les lois antijuives auxquels les nazis ne pensaient pas encore, dès juillet 1940, et consolidé cet édifice avec le décret sur le statut des Juifs, pris en octobre 1940.
Octobre 1940 ! Ça compte, les dates. Rappelons que la célèbre Solution finale qui décida de l’extermination des Juifs fut décidée seulement le 20 juillet 1942, par la conférence tenue à Wannsee (un quartier de Berlin). Hitler en avait eu l’idée, mais ne participait pas à ladite conférence, ce qui ne l’innocente en rien, d’ailleurs.
Et justement, à propos d’Hitler, pourquoi Macron ne lancerait-il pas une opération visant à réhabiliter Hitler lui-même ? Il utiliserait le thème Adolf-a-été-un-très-bon-peintre-avant-de-devenir-un-fou-sanglant-qui-a-ravagé-l’Europe. Je suis sûr que ça marcherait aussi bien que le ripolinage de la statue de Pétain.