Boycotter l’avion

Publié le par Yves-André Samère

Je n’aime pas prendre l’avion. Pourtant, vers mes seize ans, je ne voyageais guère qu’en avion, aux vacances, pour des trajets de moins de cent kilomètres, parce qu’il n’y avait aucun autre moyen de transport entre le domicile de ma famille et l’internat où j’étudiais. Mais, à vingt ans, je me suis trouvé dans un petit avion, alors qu’il faisait un temps de chien, et l’appareil s’est mis à tomber comme une pierre, chute qui a bien duré entre cinq et dix secondes. Effrayant, vous n’imaginez même pas. Hélas, c’était la seule possibilité de relier deux localités de taille moyenne.

Par la suite, j’ai beaucoup pris l’avion, mais dans de gros appareils, qui volaient beaucoup plus haut, et craignaient donc moins les intempéries. J’ai survolé trente-cinq fois la Méditerranée et dix-huit fois le Sahara, quoique jamais pour mon plaisir. J’ai même connu un accident au décollage, ce crétin de pilote ayant raté son virage en bout de piste. Et lorsque j’ai pu m’en passer, j’ai sauté sur l’occasion.

Oui, je sais, je sais, on nous serine sans cesse que l’avion est le moyen de transport le plus sûr du monde ! On nous rapporte également que pour un prix modique (quelques centaines d’euros à peine), on peut suivre des stages où des gens sans doute très désintéressés vous débarrassent de la phobie de l’avion. Mais, d’une part, ce n’est pas une phobie, chez moi. Et d’autre part, chaque année, on compte deux ou trois accidents aériens, qui font des centaines de morts. Je ne suis donc pas obligé de mordre à cet hameçon. Plus jamais je ne monterai dans un avion (excellent prétexte pour ne me rendre en aucun cas aux États-Unis), et peu importe ce que les autres en disent. Le fait qu’on ne meurt qu’une fois ne m’influence en rien.

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