Quand l’Église mettait son nez dans la politique
L’ignoble Barbarin a eu plusieurs prédécesseurs comme cardinaux-archevêques de Lyon. Passons rapidement sur Decourtray, qui ne valait pas mieux que lui, et sautons tout de suite à Pierre Paul Marie Gerlier, qui a tenu ce poste du 30 juillet 1937 au 17 janvier 1965. Il était donc ce qu’on qualifie de « primat des Gaules » (sic) lors de la visite en France de Nikita Khroutchev, officiellement invité par De Gaulle, en mars 1960.
M. « K », comme l’appelaient tous les journaux français, ne s’est pas contenté de venir à Paris, il a fait un véritable tour de France, et l’une des villes qu’il a visitées a été Dijon. Or, à cette date, le maire de Dijon est... un curé, Félix Kir, très connu pour avoir « inventé » une boisson alcoolisée qu’on a d’ailleurs baptisée de son nom. La population dijonnaise l’aimait beaucoup, probablement pour cette invention, et il n’était pas opposé à la perspective de recevoir Khroutchev. Or Gerlier, qui était le patron de tous les évêques de France, le lui a interdit, et Kir a reçu l’ordre de se porter malade le jour de cette visite. Si bien que le Soviétique a été reçu par un adjoint de la mairie.
Cette incursion de la hiérarchie catholique dans la politique du pays a fait scandale, et Khroutchev, ainsi snobé, a fait la gueule pendant toute sa visite à Dijon.
Ils n’ont pas de veine, les Lyonnais, chaque fois qu’on leur attribue un cardinal-archevêque, ils tirent le plus mauvais numéro.