Craindre l’avion, ou les serpents ?
Hier, je vous ai fait un compte-rendu très partiel de cette émission vue sur France 2, où il était question du vertige et des moyens de s’en prémunir (en prenant l’avion, ce qui ne m’aiderait guère, car je déteste voyager en avion). Or, dans la même émission, il a été question de la phobie des serpents, et on y a vu Cyril Féraud manifester son horreur de ces charmantes bestioles.
Eh bien, cette fois, je me suis senti un peu à part, car je n’ai aucune crainte des serpents. Il a existé, naguère, dans le salon de mes parents, une photo qui me représentait avec un cobra passé autour du cou – le mien, de cou. Je ne le dis pas pour me vanter, mais cela ne n’avait fait ni chaud ni froid. La photo avait été prise à Marrakech, et c’est un charmeur de serpents de la Place Djemâa el-Fnah qui m’avait ainsi décoré (oui, tout le monde ne peut pas avoir la Légion d’Honneur, il faut travailler à la télévision ou connaître Alexandre Benalla).
Il faut préciser que j’ai passé toute ma petite enfance au Sahara, où pullulaient les scorpions. Tout le monde les craignait, mais je me contentais de les regarder avec une certaine curiosité. J’avais vu, dans le village de Témacine, un charmeur de scorpions noir, qui les réunissait par quatre, et les introduisait dans sa bouche, accrochés par la queue.
Ils ne sont pas si bêtes, les charmeurs d’animaux dangereux. Ils savent fort bien que si leurs bestioles étaient dangereuses, on ne laisserait pas les touristes étrangers s’en approcher ! Je crois que les chiens sont beaucoup plus agressifs, aussi n’en aurai-je jamais.
(NB : certes, je n’irai pas jusqu’à élever des scorpions chez moi, car l’excès en tout est un défaut)
En réalité, le seul animal qui m’a causé un dommage, c’était... une abeille morte ! Vers mes neuf ans, mes parents m’avaient traîné à la plage, ce que je haïssais, et, les jambes nues, je m’étais agenouillé dans le sable – sans doute pour prier Dieu de me tirer de là. Or cet animal défuncté (je parle de l’abeille, pas de Dieu) avait toujours son aiguillon, qui s’est introduit dans la peau de mon genou. Je pense avoir poussé un hurlement, et le drame n’est pas allé plus loin.