Match de la semaine : Tarantino contre Polanski
Ce matin, la chère Éva Bettan, qui rend compte sur France Inter de la sortie des films, a un peu égratigné le dernier navet de Tarantino, qui sort après-demain (je ne vous donne pas le titre, d’ailleurs très banal et qui a été utilisé... plus de 115 fois, tant au cinéma qu’à la télévision (je sais que vous ne me croyez pas, mais vérifiez sur Internet Movie Database, l’encyclopédie du cinéma mondial, qui se trompe rarement. C’est dire si Tarantino est créatif).
Une critique aussi sévère a été faite dans « Le Canard » dernier paru – par anticipation, puisque « Le Canard» ne paraîtra pas après-demain, pour cause de fête catholique, ce qui est un comble. Cette fois, le signataire était David Fontaine, qui rédige la moitié des articles de ce journal, et qui reproche à ce piqueur de scénarios d’avoir réécrit « au lance-flammes » la mort de Sharon Tate, petite actrice n’ayant paru sans grand succès que dans six films de cinéma, son troisième, d’ailleurs pas très bon, étant une comédie poussive réalisée par son mari Polanski. Or David Fontaine donne au passage un coup de chapeau à ce dernier, célèbre violeur de gamines comme chacun sait, et « qui pleure son deuil » (il pleure surtout la grosse indemnité qu’il a dû verser à sa victime de treize ans afin qu’elle retire sa plainte).
Voilà qui donne une belle confrontation de personnages très moraux : le violeur Polanski et le voleur de scénarios, longuement servi par le très bon chroniqueur et connaisseur du cinéma états-unien qu’est Peter Biskind, dans ses livres Le nouvel Hollywood et Sexe, mensonges et Hollywood (il avait été le premier à décrire les méthodes de gangsters des frères Weinstein). Quel beau match ! Qui va gagner ?