La Colonne de Juillet
Si vous connaissez Paris, vous connaissez certainement la Place de la Bastille, au centre de laquelle trône une colonne, appelée « Colonne de Juillet ». Inévitablement, beaucoup de gens, et même de Parisiens, pensent que ce nom vient du 14 juillet 1789, jour de la prise de la Bastille par des émeutiers un peu idiots, qui ne voulaient pas forcément faire une révolution, mais, plus simplement, s’emparer des armes qui s’y trouvaient entreposées. Naturellement, tout a mal tourné, et le malheureux gouverneur de la Bastille, Bernard-René Jourdan, marquis de Launay – qui d’ailleurs était né dans le même édifice (!) –, y a perdu, d’abord sa tête, puis, dans la foulée, la vie !
Or cette appellation, Colonne de Juillet, ne doit pas du tout son nom au mois de juillet 1789, et rien aux révolutionnaires. En réalité, c’est le roi Louis-Philippe qui, en 1833, décida qu’une colonne serait dressée au centre de la place, en hommage aux autres révolutionnaires, morts pendant les émeutes dites « les Trois Glorieuses », les trois jours d’insurrection qui avaient conduit à son propre règne, en 1830.
Si vous examinez d’un peu près les bas-reliefs qui ornent son piédestal, vous y verrez, inscrites en lettres d’or, les trois dates de ces jours, 27, 28 et 29 juillet, et, sur la colonne proprement dite, gravés en lettres d’or, les noms des six cent quinze combattants de cette insurrection.
Un roi qui rend hommage à des révolutionnaires, avouez que c’est assez rare !