Christophe Colomb le « découvreur »
Découvreur ? Non mais, soyons sérieux une minute. Vous croyez vraiment qu’on « découvre » un continent déjà peuplé de cent millions, ou peu s’en faut, d’êtres humains ? Et les premiers découvreurs d’une terre ne sont-ils pas ceux qui l’habitent déjà ?
Lorsqu’il arrive dans les Caraïbes (il n’a encore jamais posé le pied sur le continent lui-même), ce fameux vendredi 12 octobre 1492, Colomb ignore que l’y ont précédé, mais sur le continent, environ 30 000 ans auparavant, des chasseurs venus d’Asie, et passés à pied sec par le détroit de Béring, désormais submergé.
Mieux encore : il n’est même pas le premier Européen à faire le voyage. Un Scandinave, Leif Ericsson, vers l’an 1000, lui a déjà coupé l’herbe sous le pied.
Bien que les premiers indigènes se soient montrés pacifiques (d’autres, rencontrés plus tard, ne l’étaient pas), qu’ils aient même ignoré l’existence des armes, de la guerre et de l’« art » de réduire leurs ennemis en captivité (Colomb le reconnaît dans l’une de ses premières lettres), la conquête commence très vite, accompagnée d’une christianisation impitoyable, et d’un pillage en règle des richesses du continent. Colomb lui-même, par contrat, en perçoit les 10 %.
Un exemple : en trente ans, le peuple Taïno des Grandes Antilles et Caraïbes disparaît complètement ; il est vrai qu’il ne comptait QUE trois millions de personnes... Un siècle après, la population, décimée par les massacres et les maladies importées d’Europe, grippe, rougeole, variole, choléra, avait quasiment disparu.