Une nouvelle presque oubliée
Je suis en train de lire Yoga, le livre d’Emmanuel Carrère, que d’ailleurs je n’aime pas : Carrère avait mis en scène un film totalement raté, qui s’intitulait La moustache, et dont je doute qu’il ait eu beaucoup de succès. Néanmoins, Yoga recèle un passage intéressant, que voici :
Misère du petit garçon d’une nouvelle de Dino Buzzati, encore une de ces nouvelles qui m’ont tellement frappé adolescent, elle s’appelle Pauvre petit garçon : c’est un petit garçon ingrat, sournois et triste [...], il est au jardin avec sa mère, tous les autres enfants se moquent de lui, le briment, l’humilient, le repoussent quand il voudrait jouer avec eux, et à la fin une dame s’en va en disant à la mère du petit garçon : « Allez, au revoir, Madame Hitler ».
Il se trouve que j’ai, naguère, lu cette nouvelle, dont j’avais oublié qu’elle était de Buzzati, un auteur dont je ne sais pas grand-chose, mais dont j’avais retenu seulement la phrase finale. Cette phrase, apparemment banale, expliquait en cinq mots tout un pan de l’Histoire, et j’avais estimé qu’elle valait l’œuvre entière. Peu d’auteurs ont eu une idée aussi juste.
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