Des chalands, mais sans crue

Publié le par Yves-André Samère

Cet après-midi, pour la première fois depuis longtemps, je suis allé à la FNAC-Forum, parce que je voulais voir ce que ce vaste supermarché devenait avec la réouverture des grands commerces, décidée hier par les princes qui nous gouvernent (les petits commerces, eux, n’ont eu droit à rien, ce qui confirme que M’sieur not’ bon maître n’aime pas les pauvres, ces gêneurs, et fait son possible pour les rayer de la surface de la Terre).

Alors, oui, il y avait du monde, et je n’avais pas été le seul à vouloir constater que tous les Français – pardon : les Françaises et les Français. Je dois faire attention, sinon je vais déplaire en haut lieu – à vouloir constater, disais-je, qu’il n’y avait pas là de quoi pousser des glapissements de bonheur ! Car, enfin, l’affluence était bien moindre que les samedis après-midis d’antan, et on ne se bousculait guère. Et comme je n’ai rien acheté, mauvais citoyen que je suis, je n’ai pas eu besoin de faire la queue à la caisse, où les chalands ne s’entassaient pas.

(Attention, je précise qu’ici, le mot chaland ne tentait pas de vous faire croire que l’inondation de Paris, consécutive à une crue de la Seine qu’on nous prédit régulièrement, ne désignait pas des bateaux égarés au troisième sous-sol du Forum des Halles, car, naguère, ce terme servait plutôt comme synonyme de client)

J’ai donc, selon mon habitude, fouiné un peu partout, puis suis reparti les mains vides, flapi et regrettant déjà l’épreuve que je m’étais infligé, après une bonne heure et demie de station debout entre les rayons, ce qui n’est pas à ma portée de bipède handicapé. Je ne sais plus comment j’ai réussi à rentrer chez moi sans m’étaler sur les pavés de Paris, trop nombreux dans ce quartier fâcheusement populaire. Dommage, ça leur aurait fait une distraction, prouvant ainsi que Darmanin n’est pas le seul à se mélanger les pieds.

Publicité

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :