Une journée perdue
Hier, une journée entière fichue en l’air. Comme j’avais rendez-vous à huit heures du matin à l’Hôpital Lariboisière et que j’avais décidé de m’y rendre à pied, comme ça, pour voir si j’y arrivais, je me suis levé avant six heures. Oui, je suis aussi lent à pied qu’à réfléchir. Objectif, une ponction lombaire, ce qu’on ne m’a pas encore fait. Or la seule ponction lombaire que j’ai jamais vue était celle que Gérard Philipe faisait à Michèle Morgan dans Les orgueilleux, film d’Yves Allégret sorti en 1953 (Michèle avait eu l’air de souffrir beaucoup).
Parti de chez moi à six heures et demi, j’ai battu mon record et suis arrivé pile à l’heure fixée. Là, on m’a attribué une chambre provisoire, et on m’y a installé en commençant par une prise de sang (je me demande si une visite chez un médecin a jamais eu lieu sans une prise de sang au préalable). Par chance, j’avais emporté de la lecture, ce qui m’a permis de combler les heures creuses qui ont suivi. Infirmière très aimable, comme elles le sont presque toutes.
Ensuite, très longue attente, qui s’est conclue de manière originale : la doctoresse qui devait me percer la colonne vertébrale est venue m’annoncer... qu’on ne me ferait pas ladite ponction lombaire. Motif : mon taux de plaquettes s’étant effondré peu après mon opération du cancer il y a cinq ou six ans, il semble que je risquais gros avec cette manipulation, et mon eurologue y a mis son véto !
Pour me consoler, mon infirmière m’a servi un déjeuner, et je suis parti comme j’étais venu, quoique, cette fois, par le métro.
Rentré au bercail, je me suis recouché, histoire de rattraper le temps perdu. Et je ne sais toujours pas si une ponction lombaire est douloureuse ou non. Dire qu’un jour, je mourais idiot !