Les dialogues d’Orson Welles

Publié le par Yves-André Samère

Comme je lis habituellement les génériques des films et téléfilms, un détail de la série Capitaine Marleau ne m’a pas échappé : on peut y lire que les dialogues énoncés par sa vedette, Corinne Masiero, sont écrits par elle.

Cela m’a immédiatement fait penser à Orson Welles, toutes proportions gardées. Car Welles, déjà, exigeait de ses réalisateurs de pouvoir écrire les dialogues des rôles qu’il interprétait.

Ainsi, au cas où vous connaîtriez Le troisième homme, film de Carol Reed réalisé en 1949 et dont Welles était la vedette, la grande scène de cet immense succès, qui se passait sur la Grande Roue de Vienne (en Autriche), a été entièrement écrite par lui. Il y disait notamment ce texte : « L’Italie, sous les Borgia, a connu trente ans de terreur... mais ça a donné Michel-Ange, Vinci, la Renaissance. La Suisse a connu la fraternité... et cinq cents ans de démocratie et de paix. Ça a donné quoi ? Le coucou ! ».

On se doute bien que Welles, qui était de gauche, écrivait pour le personnage de salaud assassin qu’il jouait. Mais le texte est bien en relation avec son personnage d’Harry Lime, qui trafiquait sur les médicaments volés et avait ainsi provoqué la mort d’un nombre considérable d’enfants.

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