Lire avec les doigts
Je me suis intéressé à beaucoup de génies, mais je crois que mon préféré est Louis Braille, l’inventeur de cet alphabet permettant aux aveugles de… lire avec les doigts.
Louis était né le 4 janvier 1809 à Coupvray, et il mourut le 6 janvier 1852 à Paris. Il repose aujourd’hui au Panthéon.
Or il n’était pas né aveugle, mais le devint à la suite d’un accident, à l’âge de cinq ans. Et le génie qui vivait en lui put inspirer cette trouvaille géniale, d’inventer un système très sommaire, permettant d’écrire les caractères sous la forme de six trous percés dans une feuille de papier, procédé qu’il perfectionna au point de le rendre le plus simple possible, de sorte que le toucher permettait d’identifier chacun de ces caractères pourtant invisibles.
Ici, permettez-moi une parenthèse : j’ai failli perdre moi-même la vue, ou du moins un œil, un jour que je visionnais, dans un cinéma du Quartier Latin, un film allemand, lorsque survint brusquement une tache noire et persistante qui recouvrait toute ma macula de l’œil gauche. Je n’en parlai à personne, sauf à mon employeur, ainsi qu’à ma famille, et passai les six mois suivants une main sur l’œil atteint. Une galère, qui nécessita un traitement chimique, prodigué par une ophtalmologue de Casablanca, que je bénis année après année. Il m’en reste une trace, mais ma vue est presque récupérée.
Pour en revenir à Louis Braille, il a beaucoup évolué, et il est devenu professeur, et même organiste dans deux églises parisiennes ! Et son système va jusqu’à permettre de figurer les caractères des partitions de musique ! Ainsi, la clé de sol s’écrit « en Braille », en six points sur une hauteur de trois points.