Moustiques : tuez les vieilles !
La maladie la plus terrible par le nombre de victimes, c’est le paludisme : en Afrique, 963 000 morts par an avec 50 pays touchés, 105 000 en Amérique du Sud avec 22 pays touchés.
Le paludisme humain le plus grave (il en existe plusieurs) est dû à un parasite, le Plasmodium falcinarum, qui cause neuf morts sur dix en Afrique. Il est transmis à l’homme par les moustiques femelles exclusivement. Ces animaux piquent leurs victimes pour boire leur sang, nous transmettant ainsi le parasite, et ce repas leur est nécessaire tous les deux ou trois jours, pour avoir l’énergie de développer et de pondre leurs œufs. Or on sait depuis 1952 que la majorité de ces bestioles n’atteignent pas les quinze jours de vie. Mais, d’autre part, il faut entre dix et quatorze jours pour que le parasite atteigne les glandes salivaires du moustique et soit ainsi transmis à l’homme.
Conclusion évidente : on a tout intérêt à éliminer les femelles les plus vieilles, puisque ce sont elles qui hébergent le parasite et qui sont ainsi responsables de la quasi-totalité des cas de transmission !
Trouver un moyen de s’attaquer à elles en priorité possède un double avantage : elles sont trop âgées pour avoir une descendance à laquelle transmettre la résistance que ces animaux acquièrent à la longue contre les insecticides, et elles sont fragilisées par le nombre de pontes qu’elles ont connues. L’une des solutions, qui a le mérite de l’originalité, consiste à utiliser, non pas des insecticides puissants et récents, mais des insecticides anciens, et à petites doses : les doses non mortelles s’accumulent et ne tuent les moustiques femelles qu’en fin de vie. De vieux insecticides pour de vieilles femelles, c’est logique !