Travailler le dimanche, qui est contre ?
On nous dit que « l’opposition doit jouer son rôle », s’opposer. Traduction dans la vie réelle : embêter à tout prix le gouvernement, et au besoin, y compris quand il prend les bonnes décisions. C’est curieux, on croyait que le rôle des hommes politiques, et donc de l’opposition, était d’œuvrer au mieux de l’intérêt collectif des citoyens.
Ainsi, cette idée de légaliser le travail le dimanche. Comme c’est le gouvernement qui en a eu l’idée (disons, le président de la République, puisque le gouvernement, c’est lui seul), il importe à l’opposition de faire semblant de croire que c’est une mauvaise idée. Moyennant quoi, tous les prétextes sont bons, seraient-ils inspirés par les coutumes d’une religion dont on ignorait qu’elle influençait à ce point la gauche – puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit. Ainsi, à gauche, on feint de croire que travailler le dimanche saperait les fondements de notre société – un peu comme le mariage homosexuel saperait les bases de la famille, et c’est aussi inexplicable –, parce que la loi a prévu pour tout le monde un repos dominical.
Non, la loi a prévu un repos hebdomadaire, pas dominical. Ce sont les chrétiens qui tiennent à ne pas travailler le dimanche. Allez donc demander aux Français juifs et musulmans s’ils sont attachés au repos du dimanche ! Pour eux, ce serait plutôt le samedi ou le vendredi ; le dimanche, ils s’en fichent bien.
Ainsi, en affectant de défendre un droit, l’opposition de gauche fabrique de la discrimination. C’est réussi !