« Zéro faute » – le dernier coup du père François

Publié le par Yves-André Samère

On a connu François de Closets à la fois plus courageux et mieux inspiré. Ses précédents livres, tous plus intéressants les uns que les autres, visaient les travers de notre société, en prenant le risque d’attaquer les politiques, les syndicats, voire les scientifiques, et c’était pertinent.

Aujourd’hui, le père François, un peu fatigué sans doute, s’en prend dans son dernier livre, Zéro faute, à... l’orthographe ! Il risque peu, cette fois. Ce serpent de mer (je parle de la réforme de l’orthographe française, pas de l’auteur) secoue les médias à intervalles plus ou moins réguliers, et chaque fois, cela n’aboutit à rien.

Certes, il y a bien eu en 1990 une réforme, d’ailleurs très raisonnable et très modérée, proposée par l’Académie française – qui n’est pas composée que de vieux croûtons, quoi qu’on en dise. Mais enfin, l’Académie n’a aucun pouvoir, et chacun est libre d’appliquer ou non ses propositions. Ce que je fais partiellement, par exemple en écrivant désormais évènement plutôt qu’événement, et en déplaçant le tréma sur le u plutôt que sur la lettre qui le suit, mais en refusant de supprimer les accents circonflexes !

De Closets, lui, adopte le point de vue de l’ancien cancre, nul en orthographe et qui semble en avoir souffert. Mais enfin, c’est un point de vue personnel, et on rigole à la pensée qu’il aurait pu naître au Japon ou en Chine. Il n’a donc pas pensé que les bizarreries de l’orthographe française sont l’un des charmes de la langue ? En outre, il a beau mettre en avant la simplicité de l’italien ou de l’espagnol, dont l’orthographe est presque phonétique, il n’en reste pas moins que ces langues ont aussi leurs bizarreries, qu’il ne semble pas bien connaître.

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