Aspect financier du paradoxe temporel
La théorie de la Relativité, née dans le cerveau fertile d’Albert Einstein et dont la validité a été prouvée malgré ses côtés un peu paradoxaux, entraîne une conséquence que notre bon sens a un peu de mal à reconnaître. Elle dit que, si un Terrien voyage dans l’Espace à très grande vitesse, le temps ralentit pour lui, qu’il s’écoule beaucoup moins vite que si le voyageur était resté sur Terre, et que, au cas où il reviendrait sur sa planète d’origine, il y trouverait les autres habitants de la Terre ayant davantage vieilli que lui – et sans doute déjà morts depuis longtemps, dans le cas extrême. Certes, nous n’avons pas encore été capables d’atteindre ces vitesses, et préférons réserver ce terme à nos TGV, mais qui sait, peut-être un jour voyagerons-nous à une vitesse égale à celle de la lumière, voire supérieure, quoique ce soit théoriquement impossible.
Bien, ne vous affolez pas, je ne vais pas vous infliger un cours de physique, d’autant moins que cela est un peu nébuleux pour moi aussi. Je préfère orienter cette histoire de paradoxe temporel dans un sens un tantinet plus futile, puisque Das ist [...] meine Natur, comme chantait à peu près Marlene. Bref, j’ai revu récemment La planète des singes, dans la version de Franklin Schaffner avec Charlton Heston – pas le pitoyable navet de Tim Burton. Or Heston et ses trois co-équipiers ont pris place à bord d’un vaisseau spatial, ont quitté la Terre en 1973 (le film est de 1968), leur voyage dure depuis dix-huit mois, mais l’horloge atomique du bord leur indique que, sur Terre, le temps a progressé de deux mille ans.
Je me pose donc la question suivante, qui devrait intéresser tous les syndicats : si un astronaute revient sur Terre après un voyage de ce type, et retrouve à son retour le service qui l’a expédié dans l’Espace, que doit-il exiger quant aux mensualités de son salaire que ce service lui doit ? Devra-t-il toucher des arriérés sur le temps qu’il a passé personnellement loin de sa planète, ou sur le temps infiniment plus long qui s’est écoulé sur Terre durant son absence ?
On imagine les débats devant les prud’hommes...
(Cette douloureuse question est vaguement évoquée dans le film, quoique rapidement et sous la forme d’une plaisanterie. Mais, vous le savez, je ne plaisante jamais)