Benoît, ton nez s’allonge !
« Évêque de Rome, successeur de saint Pierre », c’est ainsi que le pape s’est qualifié dans son discours de démission.
Il se fiche du monde, ou quoi ? Il est obligé de mentir, alors qu’il SAIT très bien, en bon théologien, que saint Pierre n’a jamais été pape (la fonction n’existait pas de son temps), et pas davantage évêque de Rome ?
Pierre, qui se nommait en réalité Simon, mais que son entourage surnommait Céphas, a passé presque toute sa vie en Palestine, et a fait à Rome un voyage assez court, car il tombait très mal. C’est en effet à ce moment que Néron a lancé son accusation sur les premiers chrétiens de la Ville, mettant sur leur dos l’incendie de Rome – dont il n’est pas tout à fait invraisemblable qu’ils l’aient bel et bien allumé, mais chut... On fit alors une rafle, ramassant tous ceux qu’on put. Et on les a condamnés à mort.
La légende raconte que le premier réflexe de Pierre a été de quitter la Ville Éternelle en catastrophe pour échapper à ce sort, mais qu’en route, pris de remords, il est revenu sur ses pas et a été capturé. On prétend, mais c’est de la propagande, qu’il aurait demandé à être crucifié la tête en bas, parce qu’il ne se jugeait pas digne de mourir comme Jésus. Et que son exécution aurait eu lieu dans le cirque du Vatican, où fut construite bien plus tard la basilique qui porte son nom. C’est évidemment invérifiable, et cela ressemble beaucoup à ces pieuses légendes qu’on jette en pâture aux fidèles crédules pour les inciter à penser bien.
En tout cas, « évêque de Rome », on voit mal comment il aurait pu exercer cette fonction, qui, surtout à cette époque, ne se pratiquait pas à distance ! En réalité, le premier chef de la communauté des chrétiens (qui ne s’appelaient pas encore ainsi, mais simplement « membres du mouvement de Jésus »), chef qui résidait à Jérusalem et non pas à Rome (pourquoi diable à Rome ? C’est comme si la reine d’Angleterre résidait à Gibraltar), ce fut Jacques le Juste, l’un des quatre frères de Jésus mentionnés dans le Nouveau Testament. Mais l’Église chrétienne ne voit pas d’un bon œil cette vérité historique, car cela reviendrait à reconnaître que Jésus ayant eu des frères, la virginité de Marie à laquelle les catholiques tiennent tant en prendrait un sale coup ! Alors, dans les oubliettes, Jacques le Juste...
Évidemment, Benoît XVI sait tout cela, comme tous les lecteurs de la Bible dans son intégralité. Mais il ne peut pas le dire.