Ça n’existe pas, les journalistes débiles ?
Franchement, je vois mal ce qu’on reproche à ce nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon. Il s’est montré plein de bonne volonté, ayant poussé la conscience professionnelle jusqu’à répondre en arabe aux questions que lui posaient les journalistes locaux. Vous en connaissez beaucoup, des ambassadeurs qui parlent la langue du pays où on les envoie ?
Alors, certes, il a qualifié de « débiles » certaines questions qui visaient de toute évidence à le piéger. En l’occurrence, donner son avis sur Michèle Alliot-Marie et ses faux pas à répétition. Mais quel ambassadeur accepterait de juger en public, pendant l’exercice de ses fonctions, le ministre qui l’emploie ? Son rôle est-il d’entrer dans des polémiques ? Est-on tout à fait certain, en outre, que les journalistes ne posent jamais de questions débiles ?
Les Tunisiens qui manifestent aujourd’hui pour exiger son départ, je le dis sans prendre de gants, sont eux-mêmes des débiles mentaux. Et ce n’est pas parce qu’ils ont fait une « révolution » et se sont attirés la sympathie des autres peuples qu’on doit les absoudre de tout. Ça, ce serait du paternalisme.