« Chefs » sur France 2
Vu hier soir sur France 2 les deux premiers épisodes du nouveau feuilleton Chefs, annoncé à grand tapage. Or j’ai déjà mentionné que je regarde toujours les nouveautés à la télévision, quitte à les abandonner en cours de route quand elles s’avèrent trop décevantes.
Pour celle-ci, mon opinion est mitigée. Les raisons de n’être pas satisfait d’une fiction tiennent souvent au décalage entre le scénario d’une part, la réalisation et l’interprétation d’autre part : on a rarement les deux au même niveau, et c’était encore le cas hier soir.
Résumons : les acteurs étaient bons, et la réalisation excellente. Mais le scénario était bourré de clichés, et on n’était jamais surpris, car tout arrivait comme on le prévoyait au départ. Le personnage central était un jeune homme qui sortait de prison, et qu’on envoyait faire une période de probation dans un grand restaurant (est-ce réaliste ?), circonstance qu’il était préférable de cacher mais que chacun autour de lui apprenait assez vite. Le chef de ce restaurant était évidemment un homme bourru mais génial et passionné par son « art » (sic), cachant un cœur sous une rude apparence. Et cet homme, ayant des ennuis financiers, tombait bien sûr sous la coupe d’un homme puissant qui le finançait, mais à des conditions inacceptables – le célèbre couteau sous la gorge qui nourrit tant d’histoires cornéliennes.
En réalité, seules quelques notations saugrenues pimentaient un peu cette histoire banale : le chef, vénéré de tous dans sa « brigade » (ça s’appelle ainsi) mettait le feu à sa cuisine, je n’ai pas compris pourquoi. Et le financier invitait dans le restaurant une femme russe très mondaine, qui, lasse de la cuisine gastronomique dégustée depuis le début de son séjour à Paris, demandait qu’on lui serve... des frites avec de la mayonnaise et du ketchup – tous des ploucs, ces Russes –, genre de demande qui ravit toujours les grands cuisiniers.
Le restaurant du téléfilm s’appelait Le Paris, originale trouvaille, mais on reconnaissait facilement la façade un peu maquillée et la terrasse de La Tour d’Argent. Mais les scènes d’intérieur n’ont bien sûr pas été tournées sur place !