Copé historien

Publié le par Yves-André Samère

Rien n’est plus casse-gueule que de vouloir étaler, sous les caméras de télévision, une culture qu’on n’a pas ; car, alors, on est face à des millions de gens qui risquent d’en avoir davantage (de culture, pas de caméras).

Ainsi, l’autre soir, sur Canal Plus, on a pu voir et surtout entendre Jean-François Copé dans l’élégant exercice consistant à s’essuyer les pieds sur Valérie Trierweiler. La dame (et notez que je n’écris pas « la première dame ») aurait, dit-on, écarté Julien Dray de l’entourage de son président chéri, pour d’obscures histoires d’anniversaire fêté dans une rue qu’il ne fallait pas, avec un invité qu’il ne fallait pas non plus.

Et Copé, en verve et très content de sa trouvaille, de comparer cet acte avec celui, coutumier chez les spectateurs romains à la fin d’un combat de gladiateurs, consistant à baisser le pouce pour signifier à l’empereur qu’il ne fallait pas gracier le vaincu, mais l’envoyer plutôt rejoindre ses ancêtres au pays des chasses éternelles (là, je crois que je m’emmêle un peu dans les références ethniques).

Certes, l’histoire est très connue, on nous l’enseignait même à l’école primaire, et le cinéma l’a parfois reprise, parce que c’est plutôt visuel. L’embêtant, c’est qu’elle est... totalement fausse ! Aucun historien n’a jamais pu dénicher le moindre témoignage ni le moindre document, pictural ou autre, validant cette légende. Qui, donc, en est une, de légende, et rien de plus.

Et qui, pour avoir voulu faire le malin, a l’air fin, au bout du compte ?

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