Corriger les correcteurs professionnels ?
Dans « Le Canard enchaîné » paru hier, en page 2, colonne 4, le deuxième paragraphe ne comporte qu’une seule phrase, que voici : « Cet engagement a suscité un commentaire presque énamouré de Manuel Valls ». Or le mot énamouré possède une particularité intéressante : il n’existe pas !
En fait, ce qui existe, c’est enamouré, sans accent sur la première lettre, puisqu’il se compose de la préposition en et d’un adjectif dérivé de amour. Il signifie donc, en gros, amoureux ou épris, mais en langage précieux. La faute est commune, puisque Brassens en personne l’a commise, mais ce n’est pas une excuse.
Je ne m’attarderais pas à ce détail si, la semaine dernière, David Fontaine, rédacteur au « Canard enchaîné » (il écrit fréquemment sur le cinéma), ne m’avait confirmé, par message personnel, ce que je savais depuis des années : que la plupart des articles de ce journal sont réécrits – par une correctrice, dans le cas des siens –, et il me signalait que la dame avait rajouté, dans un de ses textes, une faute qui ne s’y trouvait pas à l’origine, l’adjectif français étant devenu Français !
J’en conclus qu’il faudrait corriger aussi les correcteurs...