Des enfants ? Pourquoi ?
Avoir des enfants ? Mais pourquoi donc ?
Pourtant, la réponse doit sembler évidente à un tas de gens, puisqu’on vous la pose si souvent : avez-vous des enfants ? Et si vous répondez que non, question subsidiaire qui néanmoins ne vous fera rien gagner : pourquoi diable n’en avez-vous pas ? (Sous-entendu, vous n’aimez pas les enfants. Sous-entendu du sous-entendu, et selon le degré de tact du questionneur : vous êtes, soit un sale égoïste, soit un mauvais Français).
Il me semble que j’ai déjà traité ici cette question du « sale égoïste », en m’appuyant, histoire de montrer le sérieux de ma philosophie, sur une pièce de boulevard écrite autrefois par Françoise Dorin. Les individus pas égoïstes constituent en fait une sorte de franc-maçonnerie dans laquelle chacun demande un service à autrui, non pour soi-même, mais pour un autre, qui lui-même... (Remplissez les blancs) Au final, comme disent les cons, tout le monde est coincé dans la toile d’araignée.
Mauvais Français, voire... Je me suis laissé dire, sans doute par un de ces désinformateurs acharnés à saper les fondements de notre société, que nous n’étions plus à l’époque où le devoir national nous imposait de générer de la chair à canon pour défendre la Mère Patrie contre les Boches, et que, somme toute, on pouvait en profiter pour souffler un peu. Souffler un peu, en évitant la venue au monde d’un (ou plusieurs, dans le pire des cas) de ces êtres bizarres qui passent leur pauvre existence, l’oreille collée sur un téléphone mobile, squattant votre canapé jusqu’à leur trentième année, et dont l’ambition la plus flagrante consiste à se faire tatouer ou percer la chair dans les endroits les plus inattendus, pour des raisons n’ayant rien à voir avec la physique nucléaire ou le commerce international. (Parents naïfs dont la fille arbore un piercing sur la langue, renseignez-vous afin de savoir à quoi peut bien servir cet accessoire, si vous ne le savez pas déjà)
Bref, tout homme sensé, ce qui inclut les femmes, devrait avoir pour politique parentale ce principe de la coexistence pacifique : chacun sur son territoire. Et on ne peut être envahi par un groupe humain qui n’existe qu’à l’état d’éventualité.