Double interrogation
Ce qu’un enfant de l’école primaire est probablement capable de maîtriser – les deux formes de question que connaît la grammaire française –, de moins en moins d’adultes semblent pouvoir le faire. Et surtout pas les journalistes de France Inter, comme Thomas Legrand ce matin : « On se demande pourquoi Philippe Poutou n’était-il pas avec Nathalie Arthaud »...
En français, l’interrogation se fait, soit directement, soit indirectement.
Interrogation directe : on inverse le verbe et le sujet, et on place un point d’interrogation à la fin de la phrase. Exemple : « Comment êtes-vous venu ? ».
Interrogation indirecte : on commence la phrase par un verbe induisant un doute, on n’inverse pas le verbe et le sujet, on ne place pas de point d’interrogation à la fin. Exemple : « Je voudrais savoir comment vous êtes venu ».
La question de Legrand citée plus haut mélangeait les deux, et on avait une double interrogation, ce qui est incorrect. Ce genre de faute est de plus en plus répandu. Je me demande si le dictionnaire Robert n’y est pas pour quelque chose, lui dont les cancres constituent le plus clair de la clientèle.