Einstein était-il vraiment juif ?
Cette semaine, un certain bruit a été causé par le fait suivant : un programme pour les téléphones mobiles iPhone, qui a été validé par Apple (la firme qui construit ces engins), et proposant de donner une liste des personnalités juives connues, a été lancée le 9 août en France. D’abord passée inaperçue, elle a ensuite fait scandale. Par ailleurs, j’ai entendu cette semaine à la télé un commentaire précisant que telle personnalité (j’ai oublié son nom) était « de confession juive ».
Ce genre de remarque, on l’entend souvent, et je m’étonne que nul ne s’en étonne. En effet, en quoi cela consiste-t-il, être « de confession juive » ? Le premier rabbin venu vous dira que, pour que vous soyez juif, il faut et il suffit que votre mère soit juive – sans doute parce que la filiation d’après la mère est certaine, alors que le père « officiel » ne l’est pas toujours en réalité. Très bien. Voyons cela de plus près, et, pour la clarté du raisonnement, choisissons une personnalité suffisamment célèbre et que le raisonnement ne gênera pas : Albert Einstein. Et voyons aussi de plus près cette expression, « confession juive » : deux mots, deux éléments à examiner.
Si Einstein était juif, cela implique que sa mère l’était. Si cette mère était juive, il faut donc que sa mère à elle ait été juive. Et ainsi de suite. De génération en génération, remontons jusqu’à Moïse, celui qui a codifié cette religion et lancé la rédaction de l’Ancien Testament dans ses cinq premiers chapitres. Nous sommes ainsi en présence d’une longue lignée de mères juives. Et maintenant, posons-nous la question : ne serait-il pas possible que, parmi ces dizaines de mères juives, l’une d’elles ne l’ait pas été ? Si cela est possible, si la chaîne comprend ne serait-ce qu’une mère non juive, elle s’interrompt, car toutes les descendantes de ces mères supposées juives ne le sont plus ! Et, dès lors, Einstein, qui se trouve au bout de la lignée, n’est plus juif !
Je vous vois venir : l’une de ces femmes a pu devenir (ou redevenir) juive en se convertissant au judaïsme ! Reconnaissons que l’argument tient. Mais il reste encore à examiner le terme confession.
Il est notoire qu’Einstein était athée. Il l’a dit, répété, écrit sur tous les tons. Par conséquent, il n’avait aucune religion – aucune confession –, pas plus le judaïsme qu’une autre. Comment, dans ce cas, peut-on prétendre qu’Einstein était « de confession juive » ? Il faudrait admettre que la religion, transmissible par la naissance (!), est une notion qui s’apparente à la RACE. Or l’espèce humaine n’a pas de races, la science l’a reconnu depuis près d’un siècle.
Il est donc ridicule de dire et d’écrire qu’Einstein était « de confession juive ». Un athée ne peut pas être juif. Ni chrétien, ni musulman, ni quoi que ce soit d’autre relevant de la religion.