Éloge (feutré) de Margaret Thatcher

Publié le par Yves-André Samère

Certes, certes, Mrs Thatcher, morte l’année dernière, était une sacrée vipère. Mitterrand a dit d’elle qu’elle avait « les yeux de Staline et la bouche de Marilyn Monroe » (j’ignore ce qu’il entendait par là). En tout cas, elle a fait pas mal de dégâts, malgré les résultats qu’elle a obtenus et qui ont incité son successeur, Tony Blair, quoique du parti opposé, à ne pas remettre en cause tout ce qu’elle lui avait laissé (mais enfin, on n’est pas forcé non plus de blairer Blair).

La future baronne Thatcher avait pour elle de se comporter selon des idées claires – simplistes, penseront certains –, et de ne pas reculer souvent. Une notion que nous ignorons, nous, en France, où nos dirigeants pratiquent plutôt le tango. Il faut dire qu’à son arrivée, la Grande-Bretagne était déjà dans la panade : l’État-providence était en faillite, le chômage avait explosé, la désindustrialisation battait son plein, l’État intervenait partout, et les syndicats faisaient ce qu’ils voulaient. Bref, une pagaille noire, et il avait fallu appeler le FMI au secours.

Première femme à diriger un gouvernement britannique, si l’on excepte la reine Elisabeth Ire, elle a ferraillé contre tout le monde : syndicats des mineurs, généraux argentins, communisme soviétique, bureaucratie européenne, et, loin de vouloir contenter tout le monde, comme celui que je n’ose nommer, elle avait en horreur le consensus feint, celui qui pousse nos hommes politiques à ne jamais rien régler.

Bref, si chez nous on « incite », elle, elle décidait, se fichait de ce qu’on pouvait en penser, et ne visait que le résultat. En politique, c’est du pragmatisme, et ça peut être utile.

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