Entrer sans payer
Cet après-midi, je suis entré gratuitement à une exposition payante. Passant devant les Archives nationales, rue des Francs-Bourgeois, j’ai vu que continuait l’exposition « Le pouvoir en actes - Fonder, dire, montrer, contrefaire l’autorité ». Et moi, contrefaire l’autorité, ça me parle. Bien que le mot contrefaire me semble impropre, dans le cas présent.
Je suis donc entré, croyant que c’était gratuit, mais le gardien m’a dit de m’adresser au fonctionnaire d’en face, qui délivrait les entrées. À celui-ci, j’ai déclaré que je n’avais pas un centime sur moi (c’était vrai, je n’ai jamais un sou en poche), et il m’a laissé passer. Il faudra que j’essaye à la Comédie-Française...
Très bien, cette exposition, avec des centaines de documents historiques vraiment passionnants, certains très anciens. Je ne détaille pas, mais l’un d’eux m’a fait rire : une note adressée par De Gaulle, alors président de la République, à ses sous-fifres, et dans laquelle il engueulait le Premier ministre Michel Debré, les membres du gouvernement et toute la smala de l’époque, pour ne pas l’avoir tenu au courant de troubles qui avait eu lieu à Alger en novembre 1961. Il exigeait donc des précisions « dans les vingt-quatre heures ». Brrr, ce n’était pas le président Pépère...
Mais ce qui m’a frappé, car je suis un être fondamentalement futile, outre le fait que la note avait été tapée sur une antique machine à écrire (même pas une de celles à boules de chez IBM), comme on en voit dans les films noirs des années cinquante, c’est qu’il écrivait évènements alors que de son temps on écrivait événements, et qu’il avait mis une majuscule à l’adjectif français, qui n’en prend pas, puisque la majuscule est réservée au nom.
Fallait me demander, Charles !