Est-ce que je croîs en Dieu ?
Au cas où un visiteur pointilleux mais légèrement distrait, n’est-ce pas, cher Albert ? déposerait sous cette notule un commentaire disant que ma passion pour l’accent circonflexe m’a induit à en insérer un de trop dans mon titre, je précise, comme la suite le montre, qu’il s’agit du verbe croître, pas du verbe croire !
Bref, on nous parle sans arrêt de la croissance qui est censée tout arranger dans nos finances et notre économie. Franchement, je suis perplexe, et n’ai jamais su ce qu’était en réalité la croissance. Plus attiré par l’arithmétique et la logique (apprise avec Lewis Carroll, et je suis très sérieux), deux disciplines fondamentales, que par l’irrationnel et les plans sur la comète, voilà pas mal de temps que je renâcle à cette idée que, plus on consomme, plus il y aura à consommer ; que plus on produit, plus on trouvera de la matière première permettant de produire davantage ; et que plus on s’empiffre avec le gâteau d’anniversaire, plus il en restera pour les autres.
Si bien que la célèbre croissance à laquelle tout le monde semble croire ressemble de plus en plus à Dieu. Vous savez, cet être mythique dont on dit « J’y crois PARCE QUE c’est absurde » (en latin, ça fait plus sérieux : Credo quia absurdum, après passage à la moulinette, puisque la phrase originelle de Tertullien ne disait pas ça, et ajoutait « C’est certain parce que c’est impossible » – sic).
J’ai sans doute raté un épisode...