Éthylotests : pas en pharmacie !
Il y a trois semaines, j’avais écrit une petite note sur les éthylotests, que le gouvernement vient de rendre obligatoires : à partir de novembre, si un automobiliste n’en détient pas DEUX dans sa voiture, il risque une amende de 17 euros. Comme il n’existe en France qu’une seule entreprise qui les fabrique, Contralco, et que cette décision gouvernementale a été arrachée par un lobbying forcené de la part d’une association présentée comme émanant des familles d’accidentés de la route, mais qui est en fait pilotée par... un chargé de mission de chez Contralco – l’unique, donc, fabricant d’éthylotests –, on voit que le gouvernement socialiste ne dédaigne pas de soigner aussi les intérêts privés en honorant les engagements du gouvernement de droite qui l’a précédé.
Or je viens d’apprendre, par l’hebdomadaire économico-financier « Challenges », que les pharmaciens n’ont pas le droit de vendre des éthylotests ! La liste des marchandises dont la vente est autorisée en pharmacie a été fixée par un arrêté en date de 2002, et ces bidules, d’ailleurs inutiles, n’y figurent pas. Si bien qu’un pharmacien qui en vendrait pourrait encourir les foudres de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ouf !).
Bien entendu, la corporation pharmaceutique râle, et en appelle au gouvernement. Les pharmaciens, qui avaient déjà obtenu de vendre les masques protecteurs et les gels antibactériens, salivent sur le pactole des éthylotests, qui sont parfois vendus 3 euros pièce ! Or Contralco les cède pour... 75 centimes aux vendeurs agréés, qui, ainsi, en multiplient le prix par quatre, ces honnêtes gens.