Foin du livre électronique
Un livre, un vrai, imprimé sur du papier, vous permet tout : vous pouvez le feuilleter et sauter instantanément à la page que vous voulez, vous pouvez y placer un signet pour retrouver l’endroit où vous vous étiez arrêté (voire corner la page, pour les béotiens), photocopier tel passage qui vous sera utile, même si c’est assez malaisé, souligner au crayon tel autre passage ou écrire un commentaire dans une marge (je le fais souvent, mais seulement avec mes propres livres), arracher une page qui ne vous plaît pas, vous pouvez le prêter à autant de personnes que vous voudrez, ou l’échanger contre un autre (j’ai fait ça au cours d’un flashmob), ou encore le vendre si vous déménagez et que vous manquez de place. Bref, vous êtes LIBRE d’en faire ce que vous voulez !
Avec un livre électronique, destiné à être lu sur ces petites machines très chères et qu’on appelle parfois « liseuses » mais plus souvent « readers », rien de tout ça : quand on vous l’a vendu, et presque au prix d’un vrai livre, il était associé à un code secret, qui limite fortement vos droits. Soit vous ne pouvez pas l’extraire de la machine dans laquelle il a été importé, soit son format est incompatible avec les readers des autres marques, soit il ne peut être prêté qu’une seule fois (il y a un compteur électronique inclus) et pour une durée limitée, soit, si vous avez la possibilité de le prêter, vous... perdez votre propre droit à le lire, etc.
On voit ainsi que tous ces inconvénients, outre le prix de la liseuse et l’éventualité de perdre toute votre bibliothèque d’un seul coup si votre appareil est volé ou connaît une panne définitive, prépare un bel avenir au livre électronique.
Je ne parle même pas du plaisir qu’on peut avoir à tenir, toucher, respirer un vrai livre. Ce genre de plaisir semble appartenir à la préhistoire.